LA FORCE DU SILENCE
:
UN PHOTOGRAPHE DANS SON UNIVERS
De l’écriture à l’image, Edouard de’
Pazzi a suivi un itinéraire atypique qui l’a mené
à la photographie.
Promeneur existentiel, il a emprunté un chemin tortueux, marchant
parfois à contre-sens voire même sur ses brisées,
brouillant les pistes, procédant par accumulation, et par sédimentation
pour matérialiser une vision aussi forte que fragile, aussi
dérangeante qu’apaisante. Entrer dans son univers si
singulier, qui semble flotter entre le rêve et la mémoire,
entre la vie et la mort, est un parcours initiatique et privilégié,
qui ne laisse pas indifférent.
Vanités
Le titre de cette exposition fait allusion à cette conscience
intime, archaïque de l’éphémère, en
même temps qu’à ces représentations picturales,
symboliques, de notre condition de mortels, que les Anciens gardaient
à la vue pour s’en pénétrer l’esprit,
et que les historiens d’art et les moralistes appellent les
« vanités ». Ces photographies ont été
réalisées pour la plupart ces six dernières années.
Elles font partie d’une collection d’images, élaborées
ou spontanées, accumulées au cours du temps comme autant
de sentiments, de sensations, de visions fantasmatiques, fantasmagoriques
puisées dans la nappe souterraine de l’imaginaire et
qui sont remontées peu à peu à la surface sensible,
comme un corps de noyé. Ce corpus photographique a été
rassemblé dans un livre, Memento Mori, publié à
l’occasion d’une exposition qui a eu lieu en 2007 à
la Maison européenne de la photographie à Paris.
Muses
Telle des poupées russes (pour adultes avertis) les
photographies d’Edouard de’ Pazzi sont composée
de plusieurs effigies qui revêtent chacune le même visage
dans une forme différente. Elles occupent trois des salons
de la Galerie Huit.
Bien que l’artiste poursuive les mêmes thèmes ténébreux
qu’il a explorés avec tant de succès dans son
exposition « Memento Mori », exposition qui s’est
déroulée à la Maison Européenne de la
Photographie à Paris en 2007, il s’est laissé
captiver par des égéries de passage et entraîner
vers d’autres univers plus charnels, sous l’effet de cette
dichotomie propre à la nature
humaine, divisée entre Eros et Thanatos. « Les
muses revêtent les atours que les dieux leur ont donnés
pour élever l’âme des poètes et exciter
leur verve épique. Elles naquirent dans l’esprit et le
coeur des hommes bien avant l’invention de la prosaïque
photographie, mais celle-ci, par son don de double vue, peut parfois
percevoir leur aura et s’efforcer de rejoindre leur dimension
onirique. Ces quelques images entendent rendre hommage à celles
qui, au-delà de leur simple qualité de modèles,
ont été pour moi des inspiratrices. »
E. de’ Pazzi Biographie / Expositions
2010
7-16 mai : exposition « Anatomies », Palais de l’Archevêché
et exposition « Vanités »,
Galerie Huit, Arles, dans le cadre du Festival Européen de
la photo de nu.
7 mai -12 juin : exposition « Vanités »
18 mai - 12 juin : « Muses », Galerie Huit.
2007
10-30 décembre : exposition « Mers », IC Bank,
Tbilissi, Géorgie
13 mars-3 juin : exposition « Memento Mori » à
la Maison Européenne de la
Photographie, Paris.
15 juin-15 septembre : exposition personnelle à la galerie
Arthus, Bruxelles.
2006
Exposition à la galerie Beckel Boïcos Paris.
Exposition à la galerie 13 Sévigné, Paris.
2004
Diptyques de la série « Eros et Thanatos » présentés
par la galerie OMC à Düsseldorf et
Photo San Francisco.
2003
Tirages de la série « Transparences » exposés
par la galerie OMC. »Suaires » exposés à
l’abbaye de Royaumont. Transparences exposées par la
galerie OMC au Beyerd Musuem of Breda, Holland.
Paris Photo avec la galerie OMC.
2002
5 panneaux de la série « Urbanités projetés
à Porto dans le cadre de l’intervençao fotografico.
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